La liste des gros sinistres de constructions totalement ou partiellement en bois s’allonge. Leur fréquence augmente à mesure que les programmes et quartiers éco-responsables se multiplient. Il semble que les feux de voie publique constituent un risque certain. Feux de conteneurs à ordures, deux-roues appuyés sur une façade de lambris, feu de véhicule et bien sûr incendie criminel.
Les feux sur balcon peuvent se généraliser verticalement, les flammes devenant rapidement imposantes au point de couvrir un instant la façade.
- Salon de Provence : un petit immeuble R +1 constitué de 6 appartements, doit être démantelé devant l’impossibilité de procéder à son extinction. Le feu est dans les murs (Face au Risque n° 520, février 2016).
- Lavelanet (Ariège) : feu de bâtiment R +1 abritant des logements sociaux bâtis sur un rez-de-chaussée servant partiellement de parking. L’ensemble est totalement détruit et trois occupants perdent la vie (Face au Risque n° 507, novembre 2014).
- San-Francisco : feu de complexe d’habitations R +7 de 6 000 m2 au sol totalement détruit à la suite d’un travail par point chaud en fin de chantier. Au matin, il ne reste plus, émergeant d’un tas de bois calciné, que les trémies de béton des escaliers et ascenseurs (Face au Risque n° 505, septembre 2014).
- Draguignan : incendie d’immeuble R + 4 causé par un barbecue sur balcon de bois. Le feu s’est propagé à l’ensemble de la façade et détruit en profondeur de nombreux appartements (Face au Risque n° 554, juillet-août 2019).
À cette liste s’ajoutent les feux survenant en montagne, aux constructions pas forcément en bois, souvent en béton, mais traditionnellement recouvertes d’éléments de bois en façade, balcons, et aux toitures débordant largement en surplomb :
- « Des stations de sports d’hiver coupées du monde » (Face au Risque n° 239, janvier 1988) ;
- Feux à Val Thorens (Face au Risque n° 417, novembre 2005) ;
- Avoriaz (Face au Risque n° 451, mars 2009) ;
- Courchevel (Face au Risque n° 478, décembre 2011)…
Ajoutons l’incendie de modules d’habitation R +5 près de Lausanne en 1999. Parti d’un réfrigérateur, l’incendie gagne les façades tapissées de bois, justifiant l’engagement de 150 pompiers pendant plus de 20 heures. Le feu ne sera éteint que lorsque les trois modules constituant 1/3 de la résidence seront abattus.
Trois occupants seront gravement blessés ou brûlés.
Un des dénominateurs communs à la majorité de ces incendies : le démantèlement des constructions, garant de leur véritable extinction. En effet, l’utilisation de parois multicouches, emplies d’épaisses couches d’isolant tel que paille, laine minérale, laine, etc. entraîne un feu couvant et rampant dans ces parois multicouches, ne pouvant être atteint et traité que par la destruction de celles-ci.