Vague de suicides dans les forces de l’ordre

Date de publication : 23/11/2017  |  Valérie Dobigny

Photo Frogandonion/Flickr/Creative commons
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Les mauvaises conditions de travail et le stress figurent parmi les raisons du mal-être évoquées par les syndicats

La semaine du 6 novembre 2017 a été endeuillée par une vague de suicides sans précédent dans la Police et la Gendarmerie. Six fonctionnaires de police et un gendarme ont mis fin à leurs jours. Parmi eux, l’ancien chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme, Antoine Boutonnet, qui a utilisé son arme à feu dans les locaux de la direction générale de la Gendarmerie à Issy-les-Moulineaux.

Dans un communiqué daté du 12 novembre 2017, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a demandé aux directeurs généraux de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale et de la sécurité intérieure de lui présenter « une évaluation des mesures mises en oeuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l’ordre ».

Les raisons du mal-être

Parmi les raisons évoquées par les syndicats policiers, les mauvaises conditions de travail, le manque de reconnaissance, la politique du chiffre générateur de stress, les jours de repos insuffisants… Autant d’éléments générateurs de souffrance au travail.

En 2014, un baromètre social, sous la forme d’un questionnaire, avait été mis en place auprès des effectifs des forces de l’ordre pour détecter et comprendre leur mal-être et un plan de prévention des suicides avait été dévoilé par Bernard Cazeneuve en février 2015.
Ce plan comprenait le recrutement de psychologues auprès des policiers, la création de casiers nominatifs pour y déposer les armes à la fin du service et des mesures visant à améliorer les conditions de travail comme la révision des cycles de travail dans la Police nationale pour une meilleure conciliation vie privée-vie professionnelle. Des mesures qui n’ont pas été appliquées selon le syndicat Unité SGP Police FO.

À ce jour, 45 policiers et 16 gendarmes se sont suicidés depuis janvier 2017.