Après sinistre

Malgré l’entrepôt détruit, les Établissements Trémois se relèvent vite

Date de publication : 10/05/2017  |  Auteur : David Kapp

Photo Sdis 59
Photo Sdis 59

Équipementier pour les chaînes de production de Renault, PSA, Toyota…, les Établissements Trémois auraient pu perdre leurs clients en même temps que leur entrepôt de produits finis. C’était sans compter sur leur résilience et la mobilisation des parties prenantes.

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À noter

Retour sur le Feu Instructif paru dans Face au Risque n° 510, février 2015


Les Établissements Trémois appartiennent au groupe Trèves et sont installés en périphérie de Cateau-Cambrésis (Nord) depuis 2002. Le groupe Trèves exploite une quarantaine d’usines dans le monde et emploie 7 000 personnes

L’incendie éteint à 16 h 50, les précautions d’usage effectuées, l’entreprise n’a pas attendu le lendemain pour reconstituer son stock perdu. Dès 19 h 30, le jour même, la production redémarre. C’est au cours de la réparation de casiers métalliques effectuée dans l’entrepôt (il pleut ce jour-là) par une entreprise extérieure qu’une étincelle aurait enflammé un des casiers de produits finis. Un permis de feu avait été établi et des mesures prises. L’enjeu pour l’assurance est de déterminer les responsabilités. Plusieurs experts se succèdent. Une enquête est menée jusqu’à ce que les deux parties parviennent à un accord, via une médiation judiciaire, pour établir le ratio de responsabilité et l’indemnisation du préjudice. Une fois la coresponsabilité de l’incendie signée, le déblaiement peut débuter au printemps 2015 pour une mise en service en novembre 2015. « Nous n’avons pas eu de perturbation et pas de rupture sur nos chaînes d’approvisionnement » se félicite Jean-Claude Baratte, le directeur de l’usine. Le travail ayant repris le jour même, les salariés ont pu reconstituer le stock durant le week-end.

Le nouvel entrepôt, d’une même superficie que le précédent, est désormais équipé de sprinkleurs et de robinets d’incendie armés. Photo Établissements Trémois
Le nouvel entrepôt, d’une même superficie que le précédent, est désormais équipé de sprinkleurs et de robinets d’incendie armés. Photo Établissements Trémois

Des réunions régulières avec l’assurance

« Nous avions avec notre assureur des réunions hebdomadaires au début puis mensuelles par la suite pour chiffrer le montant des préjudices : les coûts directs, c’est-à-dire le bâtiment en lui-même, le stockage des produits finis mais aussi les emballages qui sont la propriété des constructeurs, et les coûts induits qui sont tous les surcoûts liés aux transports et aux stockages dans d’autres entrepôts. Le total s’est élevé à 1,5 M€ », confie le directeur. Pour la reconstruction, il s’agissait de tenir compte de l’incendie. L’assureur du groupe a ainsi fortement recommandé des aménagements. Si le bâtiment est le même en termes d’occupation au sol, il accueille désormais un système d’extinction automatique de type sprinkleur et plusieurs robinets d’incendie armés. « Au niveau organisationnel, nous avions déjà une bonne couverture du risque et des procédures : permis de feu, bâche ignifugée, audits de prévention mensuels… Nous les avons renforcées et nous avons interdit le travail par point chaud dans le bâtiment. »

À l’origine, une erreur anodine

De ce sinistre, Jean-Claude Baratte a tiré trois leçons essentielles.

Les travaux par point chaud à l’intérieur du bâtiment sont à présent interdits. Photo Établissements Trémois
Les travaux par point chaud à l’intérieur du bâtiment sont à présent interdits. Photo Établissements Trémois

La surprise d’abord de voir la rapidité impressionnante du développement de l’incendie, sa propagation et la chaleur dégagée qui a tordu littéralement le bâtiment. La deuxième leçon tient à l’origine du sinistre. Il est lié à une petite erreur anodine au départ, précise l’industriel : « Sur le plan de prévention, la zone de travail de découpe a empiété sur la zone de stockage et s’est trouvée à proximité des produits finis. Cela démontre l’importance des démarches de prévention et leur contrôle dans le temps. » Dernière chose enfin, les dispositions constructives, et notamment le sas qui permettait un éloignement des bâtiments. Il a évité que le bâtiment de production et les bureaux ne soient emportés par les flammes. Sur ce dernier volet, le directeur tient à souligner le travail des services de secours, leur rapidité à intervenir et à protéger l’outil de travail. « Nous avions l’habitude de travailler avec le Sdis du Nord mais nous avons renforcé notre coopération par la signature d’une convention. Nous réalisons ainsi des exercices chaque année. Notre plan particulier d’intervention est partagé et les sapeurs-pompiers connaissent nos produits. » Quant à l’entreprise extérieure, elle continue de travailler avec l’industriel : « C’est une petite entreprise de trois salariés, nous avions 60 % de leur chiffre d’affaires. Ils ont toujours été très vigilants. Ils le sont encore plus aujourd’hui », se félicite Jean- Claude Baratte