Matériel

Les DATI

Date de publication : 01/03/2016  |  Auteur : Gaëlle Carcaly

Matériel

Qu’est-ce que c’est ?

Le dispositif d’alarme du travailleur isolé (Dati) est un moyen technique d’alerte utilisé pour surveiller un travailleur isolé, c'est-à-dire un travailleur hors de vue ou de portée de voix d’autres personnes, et sans possibilité de recours extérieur, d’après la recommandation Cnam n° 416. C’est un appareil capable de détecter une situation de danger, de risque ou d’accident et de transmettre une alerte du travailleur isolé vers une personne ou une structure chargée de déclencher les secours. Il est composé d’un émetteur porté par l’agent isolé et d’un récepteur qui déclenche l’alerte. Cela suppose une liaison, permanente ou périodique, entre l’isolé et une centrale d’assistance.

L’appellation PTI, pour protection du travailleur isolé, est souvent utilisée à tort pour parler des Dati. Un Dati n’est qu’un dispositif d’alarme, il ne protège pas à proprement parlé et ne suffit pas à assurer la sécurité du salarié.

Quelles fonctions remplissent-ils ?

Les Dati doivent assurer trois fonctions principales :

  • détecter automatiquement la position anormale d’un travailleur accidenté, malade ou intoxiqué ;
  • transmettre au poste d’assistance l’alarme correspondant à une position critique ;
  • permettre d’identifier l’alarme.

Les appareils peuvent proposer plusieurs fonctions optionnelles, comme la qualification de la cause, la localisation du travailleur, par borne de passage (points de passage obligés) ou de position (présence sur un secteur délimité) ou encore la fonction sécurité positive qui permet de détecter un défaut du système lui-même. Par ailleurs, des fonctions de pré-alarmes, associées à une temporisation, permettent, après acquittement de l’utilisateur, de réduire le taux de fausses alarmes.

Comment est déclenchée l’alarme ?

L’alarme peut être volontaire et déclenchée manuellement par le travailleur isolé pour signaler une situation anormale via un bouton « SOS », « alerte », ou au contraire pour informer la centrale d’assistance d’une situation normale. Elle peut aussi se déclencher automatiquement dans différentes situations : absence de mouvement, perte de verticalité, arrachage du dispositif, alarme technique (batterie horsservice, perte de réseau, etc.)…

Comment est transmise l’alarme ?

Les Dati utilisent des liaisons immatérielles :

  • des fréquences radio attribuées par l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), à savoir les bandes HF (jusqu’à 30 MHz), VHF (de 30 à 300 MHz) et UHF (de 300 à 900 MHz). Il est conseillé d’utiliser les bandes professionnelles VHF et UHF ;
  • les systèmes de communication des opérateurs de téléphonie mobile, l’émission et la réception étant réalisées par le biais d’antenne relais ;
  • les systèmes satellites, l’émission et la réception étant réalisées par le biais d’au moins trois satellites (sur 24) en orbite ;
  • les systèmes bluethooth, infrarouges, RFID ou wifi. La communication se fait alors par le biais de bornes installées dans l’environnement où évolue le salarié. Chacune des technologies dispose de caractéristiques propres (distance maximale d’émission, résistance aux interférences, information aux salariés et déclaration à la Cnil…).

Dans quel cadre doivent-ils être mis en place ?

La mise à disposition d’un Dati peut faire partie des mesures mises en place pour répondre à la problématique du travail isolé mais celle-ci doit s’inscrire dans le cadre de l’organisation des secours, c’est-à-dire après survenance du risque et non dans une démarche de prévention du risque. Il faut savoir à qui transmettre l’alarme, connaître les risques du site, les moyens d’y accéder, les secours qui doivent être déclenchés… Le Dati intervient pour améliorer la prise en charge des travailleurs isolés en situation de détresse.

Comment choisir le matériel ?

l existe deux grandes familles de matériel : les équipements de type « alarme » avec émission seule, automatique ou volontaire, et les équipements de type « sécurité », qui proposent émission et réception avec communication phonique (avec un autre Dati ou vers l’extérieur), pour permettre notamment la levée de doute. Le choix d’un Dati et des différentes fonctions associées doit s’accompagner d’une analyse des contraintes de l’activité. Il va dépendre de plusieurs critères : mobilité ou non du travailleur isolé, couverture des moyens de communication, types d’alerte nécessaires, personne ou équipe qui traite l’alerte…

Leur fonctionnement peut-il être perturbé ?

Les Dati n’étant pas des composants de sécurité conçus sur la base de normes de sécurité fonctionnelle, rappelle l’INRS, leur fonctionnement peut être perturbé, à cause par exemple d’un boîtier défaillant ou d’une perte de liaison. L’entreprise doit donc se demander comment assurer la sécurité du travailleur si le Dati n’est pas opérationnel. L’emplacement du Dati doit également être étudié pour éviter au maximum le taux de fausses alarmes qui entraîneront, si elles se multiplient, une perte de confiance dans le dispositif voire sa mise hors-service. Il est préférable que des essais en situation de travail soient programmés. L’installation doit, par ailleurs, être vérifiée régulièrement et les matériels soumis à une visite systématique annuelle.