Edito 01 novembre 2017

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Perception de la violence

L’actualité mondiale en matière d’actions violentes reste malheureusement très chargée ces derniers mois : attaque au camion dans les rues de Barcelone, attentat dans le métro Londonien, tuerie de masse à Las Vegas lors d’un concert, attentat à l’explosif extrêmement meurtrier dans les rues de Mogadiscio… À l’heure de l’information en continu, l’impact psychologique de ces attaques terribles est considérable. Néanmoins, le travail que réalise depuis plusieurs années le think tank IEP (Institute for Economics and Peace) au travers de son Global Peace Index nous permet de prendre un peu de recul. Cet index mesure, à travers vingt-deux indicateurs qualitatifs et quantitatifs, le coût de prévention et de gestion des actes de violence dans chaque pays selon trois thématiques : le niveau de sécurité et sûreté, l’étendue des conflits intérieurs et extérieurs, le degré de militarisation. Même si le poids économique du terrorisme a été multiplié par neuf en dix ans, il ressort qu’il ne représente que 1 % du coût total de la violence mondiale. Autre surprise : il y aurait eu 450 000 homicides de droit commun en 2016, bien plus que les guerres qui auraient fait 100 000 morts. Contrairement à ce que l’on peut penser, on constate une réduction des budgets militaires un peu partout et une baisse générale des homicides. Malgré le sentiment d’insécurité croissant qui prévaut, l’IEP nous indique que, dans la continuité de 2015, le coût global de la violence au niveau mondial est en retrait de près de 3 %. Il est fort probable que le développement de la prévention et de la protection contre les actions violentes contribue directement à l’amélioration de ces résultats, malgré l’impact psychologique terrible que peuvent avoir des événements tragiques comme ceux vécus récemment.

mensuel 537

Guillaume Savornin Directeur de la publication

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