Edito 01 mai 2017

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Réforme bénéfique à la prévention

Dans le cadre de la mise en application de la loi 2016-1088 dite « loi Travail », une réforme d’importance a été mise en oeuvre fin 2016. Il s’agit de celle de la médecine du travail. Dans le cadre des principales orientations du plan Santé au travail 2016/2020, et grâce à une modification en profondeur du suivi individuel, il est mis fin à la démarche « assurantielle » qui prévalait depuis 1946. Avec une logique : l’aptitude à l’entrée et à la sortie de l’emploi. Cette mesure avait été mise en oeuvre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour faire face à l’état sanitaire catastrophique de la France. Le choix a été fait cette fois-ci d’orienter davantage les services de santé au travail vers la prévention. L’objectif, au travers de la réforme du suivi individuel (auparavant identique pour tous) et de la suppression de l’aptitude systématique, est de libérer du temps médical dans les services de santé. Ce temps dégagé permettra de coordonner des actions pluridisciplinaires au service de la prévention des risques dans l’entreprise. Même si, selon les statistiques de la CNAMTS, nous sommes passés de 120 accidents du travail avec arrêt pour 1 000 salariés dans les années 1950 à 34 pour 1 000 en 2015 tous secteurs confondus, il y avait encore 625 000 accidents du travail en France en 2015. Et près de 50 % des entreprises n’avaient toujours pas de document unique d’évaluation des risques professionnels malgré l’obligation d’en produire un depuis 2001 ! Cette réforme est donc une bonne nouvelle pour l’amélioration de la prévention des risques professionnels en France et, accessoirement, la réduction des coûts liés à l’accidentologie et aux maladies professionnelles.

mensuel 533

Guillaume Savornin Directeur de la publication

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