Edito 01 juillet 2017

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État d’urgence numérique

Dans le domaine de la prévention des risques, c’est souvent le caractère exceptionnel des sinistres qui fait progresser le métier. En l’occurrence, la cyber-attaque massive et mondiale de WannaCry du 12 mai 2017, qui a fait en 48 heures plus de 200 000 victimes dans 150 pays, a sans doute créé un électrochoc pour tous ceux qui ne percevaient pas encore ce type de menaces. Même si, semble-t-il en France, il y a eu « plus de peur que de mal », il s’agit d’une alerte sévère pour l’avenir. Merci donc à WannaCry (littéralement « as-tu envie de pleurer ») d’avoir – sans trop de dégâts – contribué fortement à la pédagogie de l’importance de ce risque auprès des salariés de très nombreuses entreprises mais aussi de leurs dirigeants. En effet, à part les catastrophes naturelles de très grandes ampleurs, il n’y a pas d’équivalents aux cyber-attaques massives – qui atteignent autant de victimes de par le monde en aussi peu de temps. Avec l’arrêt de l’usine Renault de Douai dans les heures qui ont suivi l’infection, WannaCry a révélé également les vulnérabilités qui existent sur les systèmes industriels. Dans les usines d’aujourd’hui, le problème réside dans le conflit entre le maintien en production des installations (sûreté de fonctionnement) et la nécessaire sécurisation des systèmes d’information de ces outils. L’heure est donc plutôt à « l’état d’urgence numérique » avant d’inévitables prochaines attaques mondiales.

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Guillaume Savornin Directeur de la publication

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