Edito 01 février 2017

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Prémices de la cyber-diplomatie

Pour les agences de renseignement américaines, il est clair que la Russie a tenté d’influer sur le cours des élections présidentielles aux États- Unis par des cyberattaques, montrant ainsi à quel point la menace est forte sur les démocraties. Au Forum international de la cybersécurité, le FIC 2017, qui se tenait à Lille fin janvier et qui a rassemblé plus de 5 000 personnes, le sujet est revenu au premier plan. La cybersécurité des États est devenue une question essentielle de souveraineté. La « cyberguerre froide », qui est bien réelle, nécessite absolument la mise en place de règles internationales communes. Les « cyberdiplomates » tentent de les mettre au point afin d’éviter le trou noir qui résulterait d’une attaque des « registars », annuaires d’adresses sur Internet. Celle-ci pourrait, en effet, provoquer un arrêt de la plupart des activités humaines. Guillaume Poupard, le directeur général de l’Anssi, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, ne fait que confirmer la menace en déclarant au FIC « demain, nous aurons des morts avec les cyberattaques ».

Il y a donc aujourd’hui urgence à mettre en place des règles de gouvernance mondiale permettant de renforcer la sécurité du cyberespace, qui est devenu un bien commun mondial comme les océans. Avec l’intrusion russe dans l’élection américaine et la nature de la réponse (finalement l’expulsion de diplomates après des menaces de contre-attaque sur les infrastructures russes), on constate que les concepts de dissuasion, de riposte et d’utilisation du droit à la légitime défense nécessitent encore d’être collectivement clarifiés et définis. La cyber-diplomatie ne fait que commencer.

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Guillaume Savornin Directeur de la publication

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