Edito 01 décembre 2016

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Coup de froid sur le climat

 La lutte contre le réchauffement climatique n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Après l’espoir suscité par l’accord de Paris du 12 décembre 2015 rassemblant 195 États et constituant le premier accord universel sur le climat, la COP22 qui s’est déroulée en novembre 2016 à Marrakech montre que la route est encore longue. La bonne nouvelle est la ratification par 111 pays plus l’Union européenne de l’accord de Paris. Mais l’élection surprise de Donald Trump à la présidentielle américaine a jeté un froid sur les discussions en cours. Il semble que, sans parler d’échec, la COP22 a plutôt ralenti sérieusement la dynamique engendrée il y a 1 an. Or, un récent rapport de la Banque mondiale, avec une approche originale, a chiffré les pertes des catastrophes climatiques dans le monde à 520 milliards de dollars par an, six fois plus que le réassureur Swiss Re qui ne chiffre lui que les dommages matériels. À leur estimation, les experts de la Banque mondiale ont ajouté les pertes de « bien être » et leur impact sur la pauvreté. Pour l’illustrer, dans les 177 pays étudiés, les 20 % les plus pauvres ne subissent que 11 % des pertes matérielles mais 47 % des pertes de bien-être. Ainsi, toujours selon la Banque mondiale, les calamités climatiques plongent chaque année 26 millions d’individus dans la pauvreté. Quand on connaît l’impact de la pauvreté et du dérèglement climatique sur les migrations, il est urgent d’avancer dans la mise en oeuvre de l’accord de Paris.

mensuel 528

Guillaume Savornin Directeur de la publication

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