Fiche pratique

Les drones

Date de publication : 04/06/2018  |  Auteur : Valérie Dobigny

Photo Face au Risque/VD
Photo Face au Risque/VD

Matériel de sécurité

À noter

Le décollage du marché du drone de sécurité se fait attendre mais les professionnels restent confiants. « Nous sommes à l’aube d’un marché exponentiel dont nous ne connaissons pas les limites » avance Christophe Sautarel, responsable France de Yuneec, fabricant de drones.

Fonctionnement du drone

Il existe plusieurs définitions de ce qu’est un drone. Le terme « drone » provient de l’anglais qui désigne à la fois le faux-bourdon (mâle dans un essaim d’abeilles) et le bourdonnement de l’essaim. En France, le mot se réfère généralement à un aéronef télécommandé à distance, sans personne à bord. Par extension, on parle également de drone pour décrire des véhicules sans pilote ou des robots terrestres, sous-marins ou de surface. Dans cet article, nous traiterons uniquement du drone aérien.

L’aéronef se compose d’un contrôleur de vol qui fait office de cerveau de l’appareil, d’un châssis, d’un moteur, d’hélices et d’une alimentation par batterie. Des capteurs spécifiques peuvent être intégrés en fonction des activités souhaitées : caméras d’inspection pour la recherche de défauts d’un bâtiment, de la modélisation 3D ou de la surveillance de sites sensibles, caméras thermiques pour détecter d’éventuelles pertes de chaleur sur un bâtiment ou repérer des personnes malveillantes sur un site.

D’autres applications se développent comme le transport de colis aux États- Unis ou de poches de sang au Rwanda, l’aide au sauvetage de personnes par les secours, que ce soit lors d’incendies ou de catastrophes naturelles, l’expertise après-sinistre, la détection de points chauds…

De plus en plus de drones sont équipés de fonctions de détection embarquée permettant l’identification de personnes, la lecture de plaques d’immatriculation ou le déclenchement d’actions comme l’ouverture d’une barrière, l’envoi d’alertes…

Toutefois, pour un industriel, il est difficile d’utiliser un drone aérien notamment pour des raisons d’usage et de coût (du matériel, du pilote, des logiciels de données). Une des solutions peut être la mutualisation du drone par plusieurs industriels installés dans une même zone.

Le « retour » des drones filaires

Depuis peu, apparaissent sur le marché grand public des drones filaires appelés également drones captifs. Même si cette technologie existe depuis longtemps – des ballons filaires chargés d’explosifs commandés depuis le sol ont été utilisés en 1849 lors de l’attaque de Venise par les Autrichiens – elle tend à concurrencer le marché du drone aérien mobile.

L’arrêté du 11 avril 2012 définit un drone filaire ou captif comme étant « un aéronef relié au sol à un mobile ne pouvant être soulevé ou déplacé par réaction de l’accroche de l’aéronef captif, ou à son télépilote par tout moyen physique ». Les drones filaires apportent une meilleure sécurisation des données par rapport à un drone télécommandé et ont moins de risques de chute.

Les drones filaires sont plus adaptés pour de la surveillance continue sur des sites sensibles ou industriels ou lors d’événements comme des festivals ou des manifestations rassemblant de nombreuses personnes. Avec cependant un bémol, le bruit important généré par l’appareil. En raison de leur immobilité, ils ne sortent pas de leur périmètre d’opération. De ce fait, ils ne sont pas soumis à la même réglementation que les drones mobiles.

Les drones filaires sont dispensés du document de navigabilité et leur masse totale peut atteindre 25 kg pour un vol en zone peuplée alors que pour des drones standards, le poids maximal est de 8 kg. Au-delà de 2 kg, un système de parachute doit être installé pour réduire le point d’impact au sol en cas de chute.

Pour les drones filaires, il est également nécessaire de disposer d’un document de navigabilité spécifique délivré par le ministère chargé de l’aviation civile. L’exploitant doit tout de même fournir les preuves de la sécurité du moyen de retenue de l’appareil auprès de la DGAC.

Le drone, source de dangers

Outre les risques de chutes et de collisions, le drone peut être détourné de son usage initial à des fins malveillantes : repérages, surveillances illégales, espionnages économiques, brouillage des ondes, interception de données (sniffer), livraison ou transports d’armes, de drogues ou de colis piégés…

Ces derniers auraient été utilisés dans des zones de conflit comme dans la nuit du 6 au 7 janvier 2018 où 13 drones à ailes, chargés d’explosifs, ont attaqué deux bases russes en Syrie. Ils auraient été lancés à une distance de 50 km avec des technologies de guidage basées sur les coordonnées GPS.

Les drones filaires sont adaptés à la surveillance continue de sites sensibles, de sites industriels ou de manifestations. Photo Face au Risque/DK
Les drones filaires sont adaptés à la surveillance continue de sites sensibles, de sites industriels ou de manifestations. Photo Face au Risque/DK

Autre cas d’utilisation malveillante : le 16 septembre 2013, lors d’un meeting à Dresde (Allemagne) un drone de loisir s’est posé à quelques mètres de la chancelière allemande Angela Merkel. Cette démonstration a été revendiquée par un parti qui entendait dénoncer la vidéosurveillance policière.

En France, on ne compte plus le survol illégal de sites sensibles comme les centrales nucléaires, les bases militaires ou encore la ville de Paris. Il peut donc faire l’objet d’une analyse de risque. Pour cela, la menace doit être anticipée et inscrite dans des procédures de sécurité dédiées avec différents scénarios d’attaques auxquels doivent répondre des actions spécifiques : confinement, évacuation.

Des dispositifs anti-drones commencent à apparaître. Il peut s’agir d’appareils qui détectent les signaux transmis entre le drone et son pilote pour identifier la localisation du pilote et neutraliser les données recueillies par l’appareil, de systèmes de brouillage de signaux, d’armes munis de filets, voire, comme aux Pays-Bas et en France, du dressage de rapaces pour capturer les engins en plein vol.

Actuellement, il n’existe pas de réglementation officielle concernant l’autorisation ou non d’intercepter des communications ou de neutraliser des drones malveillants sur un site, même sensible. Si la menace provient généralement de l’extérieur, elle peut aussi provenir du drone utilisé par l’entreprise. Ainsi, l’armée américaine a interdit en décembre 2017 l’utilisation de drones du fabricant chinois DJI, accusé de stocker les informations sensibles concernant les vols sur des serveurs en Chine.