Après la France, Finsécur vise l’international

Date de publication : 01/06/2012  

Exister dans un univers concurrentiel n’est pas chose facile, il faut démontrer sa différence parmi l’abondance des offres. Le marché de la détection incendie ajoute à ce lieu commun une bonne dose de complexité. Pour les clients, il s’agit d’acquérir un système qui permettra de déceler un départ de feu et de sauver des vies humaines. On comprend qu’ils misent, pour la plupart d’entre eux, sur des solutions qui ont démontré leur efficacité. Sur le marché, les grands groupes internationaux côtoient les entreprises familiales installées depuis des générations. La réglementation, très structurée, prend souvent la place de l’innovation.

C’est pourtant à ce terrain de jeu, où les rôles et les cartes sont connues et distribuées de longue date, que Finsécur s’est attaquée il y a quinze ans. Lorsque Stéphane Dimarco, co-fondateur et président- directeur général, évoque cette période, il se souvient qu’il fallait surtout convaincre. « Nous avons dépensé beaucoup d’énergie auprès des acheteurs, des distributeurs et des installateurs pour les former à nos produits, leur montrer que nous étions solides et que nous serions là demain ». Une tâche ardue. D’autant que la concurrence n’a pas attendu et organise déjà la riposte contre le trouble-fête.

Signe de reconnaissance s’il en est, Finsécur conçoit et fabrique des produits de détections certifiés sous leurs marques pour plusieurs multinationales présentes sur le marché français. C’est d’ailleurs sur ce terrain, celui de la production, qu’elle a su marquer sa différence en réalisant 100 % de ses produits en France. « Tout en restant compétitif » tient à préciser la direction. « La qualité de la fabrication des dispositifs de sécurité incendie est un point crucial dans ce métier. Le recours à la sous-traitance asiatique présente trop d’aléas. »

Le détecteur de fumée Calypso-2 dispose, avec sa pile lithium, d’une autonomie de 10 ans, photo © FINSECUR

Née des travaux de chercheurs de l’ESPCI-Paris Tech en 1998, l’entreprise, qui dispose d’un portefeuille de 50 brevets, se place très tôt sous le signe de l’innovation. Une démarche qui reste sa signature (8 à 10 % de son chiffre d’affaires est réinvesti dans la R&D). Et qui lui réussit. Petit à petit, elle se forge une réputation et compte aujourd’hui 12 % des parts du marché français de matériel de détection incendie. D’ailleurs, elle ne se limite plus à ce marché. Par le biais d’acquisitions (KM-Europ en 2006, SFDEI en 2009, SIM en 2011) elle a élargi son spectre : signalisation sonore et visuelle, désenfumage et même extinction automatique. Sur ces métiers, Finsécur approche également la sécurité incendie par le biais de la prestation de service.

Stéphane Dimarco, photo © FINSECUR
Stéphane Dimarco, photo © FINSECUR

Elle est ainsi certifiée APSAD I7 et F7 (installation et maintenance des systèmes de détection et mise en sécurité incendie) depuis 2003 et APSAD I.F13 depuis 2010 (installation et maintenance des systèmes d’extinction automatique à gaz). Fabrication française, innovation, le troisième pilier de Finsécur est l’ouverture. « Nous ne voulons pas enfermer le client dans une solution. Les logiciels qui équipent nos centrales sont téléchargeables librement sur Internet. »

Christophe Bonazzi, photo © FINSECUR
Christophe Bonazzi, photo © FINSECUR

Avec un chiffre d’affaires consolidé de 21 millions d’euros (en progression de 26 % en moyenne par an depuis 10 ans), l’entreprise veut désormais peser sur le marché européen. Elle dispose déjà d’une implantation en Belgique et d’une autre au Royaume-Uni. La démarche y est différente : « Il faut changer de peau quand on exporte » commente volontiers Christophe Bonazzi, co-fondateur et directeur général. « Il y a les aspects culturels et la réglementation du pays, qu’il faut pouvoir s’approprier. C’est pourquoi nous travaillons avec des partenariats locaux. Nous voulons pouvoir proposer des produits certifiés taillés pour chaque marché. »