Des chaussures de sécurité connectées

Date de publication : 07/03/2017  |  Propos recueillis par Valérie Dobigny

Des chaussures de sécurité connectées

Lemaître Sécurité, le fabricant de chaussures de sécurité, a signé un partenariat avec la marque Rcup pour développer des chaussures connectées personnalisées. Le président de Lemaître sécurité, Cyril Bucher, nous explique l’objectif de ce partenariat.

Comment est venue l’idée de fabriquer des chaussures connectées ?
Cyril Bucher. Il y a environ 2 ans, en équipant une usine en chaussures de sécurité, nous nous sommes aperçus que nous imposions des chaussants équipés d’embouts de sécurité identiques à tous les salariés. Or, 40 % de la population ne possède pas un pied standard et les morphologies particulières sont donc nombreuses. Il est important d’être bien chaussé car le porteur commence et finit sa journée avec des chaussures qui lui sont propres. Ce fut l’idée de départ : créer des chaussures personnalisées adaptées à chaque morphologie pour qu’elles deviennent un assistant de bienêtre au travail.

En quoi consiste le partenariat avec la marque Rcup ?
C. B. Il y a deux ans, nous avons rencontré la start-up Wercup qui développe les semelles morphologiques connectées Rcup. Nous travaillons actuellement sur un prototype de chaussures qui intègre directement une puce regroupant différentes données liées aux utilisateurs. Deux types d’applications existent. La première concerne l’hygiène, la sécurité et la prévention des risques. L’EPI analyse les postures et détecte des informations comme la géolocalisation pour les travailleurs isolés, la température du pied, l’hygrométrie… La seconde application, de type « command by motion », permet de déclencher des opérations – actionner une machine par exemple – ou d’envoyer des informations selon la position de la chaussure. Ces informations peuvent être reliées à un terminal et envoyées par Bluetooth. Les chaussures de sécurité ne sont plus seulement des EPI mais deviennent des outils d’analyse.

Les EPI connectés sont en plein essor. Quelles sont les difficultés de développement ?
C. B. Nous faisons des recherches sur l’autonomie des batteries sur un an. Nous ne pouvons demander aux salariés de recharger eux-mêmes leurs batteries chez eux. Cela pose également des problèmes en matière de recyclage et de sûreté que nous devons résoudre. Ce projet s’inscrit dans notre volonté d’intégrer l’usine du futur.

Lemaître Sécurité