Terrorisme : Greenpeace alerte sur la vulnérabilité du nucléaire

Date de publication : 12/10/2017  |  B. J.

Le 10 octobre 2017, Greenpeace a révélé les conclusions alarmistes d’un rapport commandé en 2015 à sept experts indépendants. L’objet de cette étude était de dresser un état des lieux de la sécurité du parc nucléaire en France et en Belgique au regard de la menace terroriste. Contenant des informations sensibles, l’intégralité du rapport a été remis aux autorités concernées (Gouvernement, ASN, IRSN) tandis qu’une version expurgée était livrée à la presse. 

Des piscines d’entreposage particulièrement exposées

Le constat sans appel de ce travail pointe le talon d’Achille des centrales nucléaires : les piscines d’entreposage du combustible usé extrêmement fragiles face aux actes de malveillance.

Si les réacteurs sont confinés sous un sarcophage de béton renforcé, la protection des piscines est beaucoup plus légère : « Disons le clairement, ce sont des hangars agricoles », commente Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. En France, pays le plus nucléarisé au monde, on compte 63 piscines stockant des matières radioactives nécessitant un refroidissement permanent.

Une infiltration possible

Les scénarios d’attaques ont envisagé à la fois des interventions extérieures (avion, drone, intrusions…), mais aussi des infiltrations internes. Pour en faire la démonstration, un commando de Greenpeace a réussi d'ailleurs, deux jours après l'annonce du rapport, à pénétrer dans la centrale de Cattenom (Moselle), afin d’y déclencher un feu d’artifice. 

Les images de Greenpeace montrant l'intrusion de militants sur le site de Cattenom

Par la suite, EDF a réagi au travers de deux tweets. L'un plutôt laconique : 

 

L'autre plus explicite, mais à peine plus convaincant lorsqu'on sait que les militants ont passé près de 8 minutes dans l'enceinte de la centrale avant d'être interpellés :

L'ONG pointe régulièrement du doigt les failles de sécurité des installations nucléaires françaises depuis 2012, année post-Fukushima où l'organisation s'inquiétait déjà de la vulnérabilité des centrales aux chutes des avions de ligne. En dépit de ces alertes répétées, Greenpeace considère qu'EDF n'a pas pris la mesure des menaces et n'a pas procédé aux renforcements nécessaires du parc nucléaire.

>>> À lire aussi :  Intrusion dans la centrale nucléaire de Fessenheim (Face au Risque, 24/03/2014, accès gratuit)

Nous reviendrons plus en profondeur sur le rapport de Greenpeace et la réaction d'EDF dans notre prochaine Lettre Retour d'Expérience (n° 48 - octobre 2017).