Qualité de l'air, la France peut mieux faire !

Date de publication : 20/12/2017  |  D. K.

 (c) Evan Bench via Flickr, Paris le 31 janvier 2009
(c) Evan Bench via Flickr, Paris le 31 janvier 2009

Fin octobre 2017, le ministère de la Transition écologique et solidaire rendait son bilan de la qualité de l'air en France en 2016. Avec deux gros épisodes de pollution, le bilan est, sans surprise, mauvais.

Certes le bilan de l'année n'est pas bon mais il y a des raisons d'espérer.

Ainsi entre 2000 et 2016, la qualité de l'air s'est améliorée sur les principaux polluants.

Seule la production d'ozone (O3) accuse une hausse.

Mais pour les autres polluants, le niveau est à la baisse comme le montre le graphique ci-dessous.

Évolution des concentrations en SO2, NO2, O3 et PM10 sur la période 2000 - 2016 en indice base 100 des concentrations en 2000 pour la France métropolitaine hors Corse.

 
evolution de la pollution
Infogram

Le rapport du ministère (.pdf) note "une baisse des émissions, amorcée il y a plusieurs années suite à la mise en place de différentes stratégies et plans d'action".

D'un point de vue quantitatif, cela correspond à une baisse de 41 % des émissions de particules fines (diamètres inférieur à 10 micromètres) entre 2000 et 2016.

Les émission d'oxydes d'azote ont diminué de 49 %, celles en particules de diamètre inférieur à 2,5 micromètre de 48 %, celles de cadmium de 81 % et celles de dioxyde de soufre de 78 %.
Malheureusement les émissions d'ammoniac n'évoluent pas significativement.

Parmi les nouvelles actions mises en place ces deux dernières années, on retiendra la circulation alternée puis la vignette Crit'Air, applicables dans plusieurs agglomérations françaises depuis 15 janvier 2017.

Deux épisodes de pollution en 2016

Les mauvais chiffres s'expliquent aussi à cause de deux épisodes de pollution d'ampleur nationale qui ont touché la France en 2016 : ainsi du 24 au 27 août pour l'ozone et du 30 novembre au 31 décembre pour les particules.

Toujours des dépassements pour 5 polluants

Autre enseignement du rapport, en 2016, les dépassements des normes de qualité de l'air pour la protection de la santé fixées pour le NO2, les PM10 et l'O3 persistent.

Sur les 12 polluants réglementés à l'échelle européenne, 5 présentent des dépassements des normes.

Les dépassements pour les PM10, le NO2 et l'O3 sont récurrents et concernent plusieurs agglomérations comme le montre le tableau ci-dessous.

Source : Bilan de la qualité de l'air en France en 2016 - Ministère de la transition écologique et solidaire
Source : Bilan de la qualité de l'air en France en 2016 - Ministère de la transition écologique et solidaire

La France n'est pas le seul mauvais élève

Maigre consolation pour nos poumons, on apprend dans ce même bilan que la France n'est pas le seul mauvais élève de l'Union.

En 2015, huit autres pays européens (sur 28) dépassaient les normes de qualité de l'air pour la protection de la santé : au niveau des particules fines (PM10), le dioxyde d'azote (NO2) et l'ozone (O3).

De 2009 à 2011, la France a reçu plusieurs avertissements de la Commission européenne (mise en demeure, avis motivé, saisine de la Cour de justice de l'Union européenne) pour le non-respect des normes de qualité de l'air pour la protection de la santé humaine fixées pour les particules fines (PM10).

Ce fut de nouveau le cas en 2013, en avril 2015 pour 10 zones et en février 2017 pour 13 zones et agglomérations.

25 États membres de l'Union européenne, dont la France, présentent des dépassement des normes pour la protection de la santé humaine pour les PM10 ou le NO2 en 2015.

La pollution de l'air tue

Les gaz et particules fines dans l'atmosphère sont responsables de 48 000 décès prématurés par an en France soit 9 % de la mortalité.

Les chiffres des décès n'effraient plus beaucoup. Si bien que c'est sans doute du côté des dépenses qu'il faut faire la démonstration des ravages de la pollution de l'air.

Annuellement, elle coûterait 100 milliards d'euros ! Des dépenses de santé pour l'essentiel.

Un réseau mondial de surveillance

La qualité de l'air est évaluée en temps réel par des stations qui relèvent un ou plusieurs polluants présents dans l'atmosphère.

Le site Internet World Air Quality Index répertorie 9 000 stations dans soixante-dix pays et propose une cartographie en temps réel de la pollution.