Philosophie et sécurité

Date de publication : 27/06/2018  |  Auteur : D.K

Photo Ccarlstead/Flickr/Cc
Photo Ccarlstead/Flickr/Cc

Parmi les sujets proposés au baccalauréat de philosophie lundi 18 juin 2018, plusieurs se posent avec acuité aux métiers de la sécurité. Celui-ci, par exemple : « Peut-on renoncer à la vérité ? ». Pour répondre, les bacheliers pouvaient invoquer l’actualité et le placement en détention, le même jour, du PDG d’Audi, Rupert Stadler dans l’affaire du Dieselgate. La vérité, c’est que le diesel pollue. Si bien que pour que les motorisations du groupe Volkswagen puissent passer les contrôles, ses ingénieurs ont inventé un algorithme de dissimulation de la vérité. Il permettait de reconnaître lorsque la voiture était soumise à un test et de tricher sur la réalité des émissions. On est à la fois fasciné et effrayé par l’ingéniosité et la sophistication de la supercherie. Non seulement, le groupe a trompé ses clients et les autorités de contrôle, mais il a également, et c’est sans doute très accessoire pour lui, massivement pollué l’environnement. Et au-delà de « l’écosystème » du constructeur, tous les citoyens. Travailler à la sécurité et à la lutte contre la fraude dans une entreprise où les plus hautes instances prennent part au mensonge – selon l’accusation du procureur allemand – est un véritable challenge moral. À cette étape, le sujet télescope celui proposé aux filières technologiques : « Peut-on maîtriser le développement technique ? ». Pour les responsables de sécurité, il ne s’agit pas simplement de choisir une entreprise vertueuse. La sécurité est un travail de contrôle. Pour le réaliser, ses responsables utilisent des outils qui, par essence, sont intrusifs (vidéosurveillance, contrôle d’accès…). Les algorithmes ne servent pas qu’à polluer, ils peuvent aussi être une aide à l’action mais entrer dans certains cas en contradiction avec des valeurs essentielles : respect de la vie humaine, respect de la vie privée… Sur ces sujets, être bon technicien ne suffit pas. Il faut pouvoir penser son métier et son environnement, avoir un socle de valeurs, communiquer et imprégner la culture d’entreprise. Pour mener ses missions, la philosophie offre encore des clés utiles.