Les bases de données des entreprises sont truffées de fausses infos

Date de publication : 08/02/2018  |  David Kapp

Photo Ellen Forsyth via Flickr licence Creative Commons
Photo Ellen Forsyth via Flickr licence Creative Commons

Qui n'a jamais, agacé par l'indiscrétion et le nombre de champs à remplir dans un formulaire, mis n'importe quoi dans l'espoir d'abréger les choses ? On savait que le phénomène existait. Une étude de RSA vient de le mesurer.

Alors qu'elle tentait d'acquérir une machine à pain sur le site d'une grande marque de la distribution française, une internaute se voit proposer de créer un compte client.

Pour éviter les SMS non désirés, elle remplit un numéro de téléphone bidon dans le champ marqué d'un astérisque du formulaire.

Bien mal lui en a pris ! Son paiement est d'abord annulé et l'enseigne lui demande ensuite de fournir des photocopies de justificatifs de domicile pour pouvoir créer son compte.

Cette procédure, tous les sites Internet marchands ne l'ont pas. D'autant qu'elle n'est pas tout à fait légale.

Si bien que naturellement les fichiers clients des enseignes du web regorgent de données fantaisistes ou complètement fausses.

Le phénomène, s'il est bien connu des sites d'e-commerce, n'avait pourtant jamais été mesuré du côté client.

C'est ce qu'a tenté le spécialiste de l'identité numérique RSA.

Dans son étude mondiale rendue publique le 8 février 2018, 1 consommateur français sur 2 (55 % du panel) admet avoir intentionnellement falsifié ses données personnelles lors de l'achat d'un produit ou d'un service.

Une partie de ces "falsifications" a sans doute son origine dans la peur du vol de données personnelles. Car, dans la même étude, 3 consommateurs su 4 se disent préoccupés par l'usurpation d'identité.

Ce comportement devient même dans certains cas militants puisque 69 % des consommateurs français se disent prêts à boycotter une entreprise ayant montré, à maintes reprises, un manque d'intérêt pour la protection des données clients.

Une autre raison est sans doute à chercher dans l'usage qui sera fait des données. Si du côté des entreprises, il s'agit toujours d'offrir plus de services ou de mieux connaître le client, de son côté à lui, le client n'est pas toujours convaincu du bien fondé ou de la bonne utilisation de ces données.

Ainsi, seulement un quart environ des personnes interrogées (28 %) pensent que ces données permettent aux marques de leur proposer des produits/services plus personnalisés.

La moitié des personnes pensent enfin qu'elles n'ont pas d'autre choix que de fournir des données personnelles à une entreprise en contrepartie de produits ou de services.

Et comme ce choix n'est pas possible, elles préfèrent fournir des données erronées ou approximatives.