Incendie : l’avenir du SSI au cœur d’un colloque

Date de publication : 24/11/2017  |  David Kapp

Incendie : l’avenir du SSI au cœur d’un colloque

Vendredi 24 novembre 2017, la FFMI, la Fédération française des métiers de l’incendie, en partenariat avec Afnor Certification et CNPP, organisait une matinée d'information et d'échanges autour du système de sécurité incendie – une spécificité française qui semble désormais menacée

Le SSI est-il menacé ? C’est l’une des questions soulevées lors des échanges vendredi 24 novembre 2017 à la Fédération française de l’assurance (FFA).

Et pour cause, le SSI, système de sécurité incendie, est une spécificité française née à travers la normalisation le 2 février 1993, rappelle Frédéric Chateau (Coflec, réseau DEF).

Un temps exigé dans la réglementation des ERP, il est devenu, à travers le marquage NF-SSI et avec la réglementation européenne, une démarche volontaire de l’exploitant qui souhaite s’assurer de la qualité des produits installés.

C’est qu’il y a derrière une forte responsabilité, pour l’exploitant, l’installateur et le bureau d’étude, rappellent successivement Magali Delhaye-Cottave, directrice générale de CSD-Faces et Jonathan Rubinstein, avocat chez Gide Loyrette Nouel. La démarche de certification est une solution pour s’y retrouver. « Affaiblissement de la règle et augmentation de la responsabilité », résume de son côté Romain Canler, délégué général de la FFMI.

Car avec l’Europe, plus question d’imposer des normes locales. Seul le marquage CE est obligatoire. Sa principale fonction est de permettre la libre circulation des produits à l’intérieur des frontières de l’Europe. « C’est un passeport pour le libre-échange » commente Fabrice Richard, responsable du marquage NF-SSI chez Afnor Certification.

SSI, un simple acronyme ?

Derrière le SSI, rappelle Frédéric Chateau, c’est une approche toute française de la réglementation qui correspond à son histoire, particulièrement celle de ses sinistres, mais également à l’organisation du schéma de sécurité civile. Autre spécificité française puisque les pompiers assurent également des missions de sauvetage et de secours à victime - ce qui n’est pas toujours le cas en Europe.

« Le marquage européen s’intéresse aux produits et non au système » regrette Frédéric Chateau. Actif depuis plusieurs années dans la normalisation, il craint que les évolutions à venir ramènent le SSI des années en arrière : « On nous demande aujourd’hui d’éliminer les niveaux dans les normes européennes. »

Pour Fabrice Richard, Afnor Certification, l’un des atouts de la marque NF est de garantir l’associativité des matériels.

Pour Thierry Giavitto, président de la FFACSSI, la certification garantit le bon fonctionnement des SSI. Il y a le besoin réglementaire, la normalisation est une démarche volontaire, mais la certification, notamment celle de service permet d’aider au choix. « Beaucoup de gens travaillent bien mais il est difficile de tester un fournisseur en sécurité incendie. On ne peut pas se tromper, la certification permet d’avoir des garanties. »

Cohabitation avec le PPMS

L’autre sujet d’importance est l’arrivée d’exigences en matière de sûreté. Les fabricants, les constructeurs et les installateurs aimeraient bien avoir une clarification sur le PPMS, plan particulier de mise en sécurité. En attendant, ils ont produit un guide PPMS.

Ludovic Goeta (entreprise Eris) confirme que tout et n’importe quoi est demandé par les donneurs d’ordres : « On a beaucoup de demandes extravagantes sur le terrain. »  

Franck Lorgery, président du Gesi (Groupement Français des Industries Electroniques de Sécurité Incendie), préfère quant à lui prévenir : « Attention à ne pas faire n’importe quoi avec le SSI. Nous ne sommes pas opposés par principe à ce qu’il participe au système mais attention... »

Jean-François Texier de la préfecture de Police de Paris confirme : « Le risque terroriste n’est pas celui de l’incendie, il est multiforme et intelligent. Il faut être réactif. Les SSI sont des automates intelligents qui ont fait preuve de fiabilité mais qui restent des automates. Si ça peut sauver des vies, pourquoi pas, mais il faut bien se poser les questions avant. Il ne faudrait pas se réfugier derrière un automatisme. »