Il y a 25 ans… Incendie meurtrier dans une usine de jouets en Thaïlande

Date de publication : 17/05/2018  |  G.C.

Le 10 mai 1993, l’usine de jouets Kader dans la banlieue de Bangkok en Thaïlande est ravagée par un incendie. Le dernier bilan fait état d'au moins 188 morts, principalement des femmes, et de plus de 500 blessés. L’un des accidents industriels les plus meurtriers de l’histoire.

La partie principale de l'usine Kader est un complexe de trois bâtiments en forme de "E", sur quatre étages. Crédit : Encyclopédie de sécurité et santé au travail de l'OIT.

10 mai 1993. Vers 16 h, alors que le changement d’équipes approche, un départ de feu a lieu au 1er étage du bâtiment 1 de l’usine, là où sont stockés les produits finis. Plus de 1 100 personnes sont dans le bâtiment.

D'après des témoignages de survivants, l'alarme incendie ne s'est pas déclenchée et malgré la fumée qui atteint les étages supérieurs, l'équipe de sécurité de l'usine dit à certains travailleurs de rester à leurs postes, le feu étant bientôt sous contrôle.

Mais les agents de sécurité n’arrivent pas à éteindre le feu, qui se propage rapidement à cause des tissus, plastiques et autres matériaux utilisés pour rembourrés les jouets. L'un des escaliers étant bloqué par le feu, les travailleurs, trop nombreux, se dirigent pour la plupart vers le seul autre escalier du bâtiment.

Le bâtiment s'effondre

Les secours, prévenus vers 16 h 20, arrivent 20 minutes plus tard. Le bâtiment 1 est alors la proie des flammes et des travailleurs sautent des troisième et quatrième étages. Le bâtiment s’effondre vers 17 h 15.

Poussé par des vents forts, le feu se propage aux bâtiments 2 et 3, qui finissent également par s’effondrer. Les alarmes incendie auraient retenti dans ces bâtiments, permettant aux travailleurs d’évacuer.

Les sapeurs-pompiers réussissent à empêcher que les flammes ne gagnent le bâtiment 4 et un atelier à proximité. Le sinistre est maîtrisé vers 19 h45.

Un court-circuit serait à l’origine de l’incendie. Le lourd bilan s’explique par le manque d’issues de secours, l’insuffisance ou l’inefficacité du système de protection incendie, le fort potentiel calorifique des matériaux utilisés et le manque de compartimentage.

Source : Étude de cas (en anglais) publiée dans l'encyclopédie de sécurité et santé au travail de l'OIT.