Feux de forêt : un été 2017 plus virulent

Date de publication : 01/09/2017  |  B. J.

Alors que sonne la fin de l’été et l'heure de la rentrée, il est temps de faire un pré-bilan des feux de forêt en France. Traditionnellement en effet, la campagne de lutte contre les incendies prend fin entre septembre et octobre dans la métropole.

16 000 hectares brûlés

Lors d’un point presse effectué fin août, Roger Gennaï, le chef de la nouvelle base d’avions de la Sécurité civile de Nîmes-Garons, a évoqué « une saison 2017 plus dense que les autres années », avec 16 000 hectares de végétation détruits par le feu. En 2016, 10 000 hectares étaient partis en fumée. Il faut remonter à 2003 pour trouver un nombre supérieur d’hectares brûlés, avec plus de 60 000 hectares. Pour la plupart de ces feux de forêt, l’origine est due à la négligence ou à la malveillance.

Chaleur sur le Sud-Est

Rappelant les 2 600 heures de vol effectuées par les 73 pilotes et les 26 avions, le chef de la base a également pointé les spécificités de la saison 2017, présentant « un stress hydrique très élevé et une concentration des feux dans le Sud-Est ».

Le risque d’EGE

C’est l’occasion de rappeler le risque d’embrasement généralisé éclair (EGE) lors des feux de forêt, notamment en zone méditerranéenne. Bien connu des professionnels du feu, l’EGE (ou flah-over en anglais) se produit généralement dans un local semi-ouvert. Provenant d’une accumulation de gaz de pyrolyse imbrûlés subitement mis en contact avec de l’oxygène, il se traduit par l’inflammation instantanée de l’ensemble d’une pièce et de tous les combustibles qui s’y trouvent. Il est particulièrement redouté par les équipes d’intervention.

>>> À lire aussi : l’explosion de fumées et l’embrasement généralisé éclair (Face au Risque, N° 446 – Octobre 2008, accès payant) 

Un cocktail détonnant en milieu ouvert

De manière plus exceptionnelle, le phénomène d’EGE peut aussi se produire lors de feux de forêt. Il a été montré que lors de la conjonction de paramètres favorisants tels que les conditions météorologiques, la topographie et la nature de la végétation, l’évaporation des COV (composés organiques volatils) de cette dernière peut se combiner aux gaz de pyrolyse pour produire une inflammation à la fois instantanée et généralisée. Un phénomène d’autant plus dangereux qu’il s’avère difficilement prévisible.

>>> À lire aussi : Embrasement généralisé éclair (EGE) lors de feux de forêts (Face au Risque, N° 410 – Février 2005, accès payant)