État de catastrophe pas si naturelle !

Date de publication : 15/02/2018  |  M.P.

Janvier 2018 inondations dans le Loir-et-Cher - Crédit : Daniel Jolivet/Flickr/Creative commons
Janvier 2018 inondations dans le Loir-et-Cher - Crédit : Daniel Jolivet/Flickr/Creative commons

Dans un communiqué du 14 février 2018, France Nature Environnement s’indigne du peu de réactivité de l’État quant à l’aménagement du territoire face aux inondations récurrentes.

France Nature Environnement, fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement, regroupe 73 organisations adhérentes comptant au total 3 500 associations sur l’ensemble du territoire français, y compris l’outre-mer.

La fédération environnementale s’agace de la manière dont sont gérées les inondations. En effet, le Gouvernement français a décrété l’état de catastrophe naturelle pour 275 communes suite aux inondations de fin janvier 2018. «Une situation qui se répète d’année en année, sans qu’aucune leçon n’en soit tirée», regrette-t-elle dans un communiqué

Des réflexions qui font écho à des interrogations développées par la société civile et par certains risques managers

Des sols qui n’infiltrent plus l’eau

Outre l’agriculture conventionnelle qui appauvrit les sols, le béton et le bitume se développent dans les campagnes. Ceci empêche les eaux pluviales d’être retenues par les talus, haies et autres fossés qui disparaissent puis d’être absorbées.

Inondation de la Seine – Janvier 2018- Crédit : Olrat/Fotolia.com
Inondation de la Seine – Janvier 2018- Crédit : Olrat/Fotolia.com

 «L'infiltration de l’eau de pluie dans le sol est essentielle pour réguler les risques d'inondations. Or, les sols sont imperméabilisés en ville mais également sur les terres agricoles : résultat, 90 % de l’eau ruisselle et 10 % seulement s’infiltre dans les sols», avance la fédération.

«Il est urgent de remettre de la nature en ville, de rétablir les talus, brise-vents, prairies et boisements en milieu rural et de réinventer une véritable ingénierie écologique et paysagère des territoires», observe Christian Garnier, responsable des questions urbaines à France Nature Environnement.

Conserver une mémoire du risque

«Il faut aider les populations à mieux connaître le phénomène de crue pour le prévenir et s’adapter, ajoute Philippe Lagauterie du réseau Eau et Milieux aquatiques de la fédération. Les assurances ont le tort d’aider, voire d’encourager, la remise en l’état à l’identique. Dans certains endroits, il vaudrait mieux abandonner les constructions et permettre aux riverains de se reloger et laisser les terrains gagnés pour l’expansion de crue.»

France Nature Environnement propose que, lorsqu’une commune est concernée pour la seconde fois par un état de catastrophe naturelle, les discussions portent sur la reconstruction du bâti dans une zone qui ne soit pas à risque, et non sur une reconstruction à l’identique.